Interview de Docomo d animestore

21 juillet, 2013 dans France, Interviews

Lors de Japan Expo 2013, le tout récent site de streaming japonais Docomo d animestore présentait sur un large espace son offre de diffusion légale d’anime, dont une grande partie encore non licencié en France. Dans leur catalogue, deux séries du studio SHAFT sont présentes : Puella Magi Madoka★Magica, et surtout Maria†Holic, encore inédit dans nos contrées.
C’est à l’occasion de cette convention que nous avons pu interviewer Saori MIYAHARA, responsable du service contenu, et notamment de l’offre « Docomo d animestore » en France.

Appartenant à la société NTT DoCoMo, géant de la téléphonie mobile nippone, Docomo d animestore est un service de streaming dépassant les 500 000 abonnés au Japon pour plus de 600 titres dans leur catalogue.
Inauguré en France le 1er juillet 2013, le service de streaming d’anime propose 60 titres en VOSTFR pour 7,70€ (1000¥) 3,80€ (500¥) par mois jusqu’au 31 août (et à 23h59 heure japonaise), soit la fin de la période d’essai du site.


L’entretien s’est déroulé dans l’après-midi du jeudi 4 juillet 2013. Après de brefs mais enrichissants retours sur l’offre proposée, nous avons pu interviewer Saori MIYAHARA, aidés d’Amel TRAIKIA et de l’interprète Keiko MIYAUCHI.

 

Studio-SHAFT.fr (SSfr) : Quels sont les éléments et les objectifs qui ont poussé Docomo à s’intéresser au streaming d’anime en France ?
Saori MIYAHARA (Miya) : Nous voulons tout d’abord tester l’intérêt du marché existant. Quand nous sommes arrivés avec cette offre, nous avons pu voir qu’un certain nombre de français s’intéressaient à ce type de service, et cela est positif pour la suite.
Nous verrons exactement ce que nous ferons après cette période d’essai, qui se termine le 31 août.

SSfr : Docomo d animestore possède une offre de streaming d’anime déjà diffusés à la TV et vendus en DVD/BD depuis des années, au Japon comme actuellement en France. Est-ce que vous avez en projet de faire du simulcast d’anime ?
Miya : Au Japon, ce service a été inauguré en juillet 2012. On offre l’épisode sur notre plateforme juste après sa diffusion à la TV. Nous pensons éventuellement faire de même en France, mais il faudra d’abord attendre les résultats de la période d’essai pour que nous sachions si nous pouvons intégrer ce type de service.
Pour l’instant, on ne peut rien dire de sûr pour l’avenir du service en France, étant donné que nous possédons une base plus importante au Japon avec 500 000 abonnés, soit un marché beaucoup plus large qu’ici.
SSfr : Donc si l’essai est concluant en France, il y a de bonnes chances que l’offre de simulcast arrive en France ?
Miya : Oui, bien sûr. On a commencé petit, mais on peut potentiellement donner beaucoup plus de séries si les résultats sont concluants.

SSfr : Nous aurions maintenant une question à propos d’un anime en particulier : Maria†Holic. Seule la saison 1 est actuellement disponible sur le site, alors qu’il possède 2 saisons, tandis que d’autres séries (ex : Baka to Test, Zero no Tsukaima) ont déjà plusieurs saisons disponibles. Pourquoi ce choix ?
Miya : Comme c’est une période d’essai, nous voulons avant tout montrer le plus de titres possibles, plutôt que de donner des séries complètes. Nous avons privilégié le choix et les différences de thème, tout en offrant le plus de séries populaires, afin d’avoir une meilleure idée de la demande et des tendances en France.

SSfr : Nous connaissons déjà les tarifs pour cet été. Quel type d’abonnement proposeriez-vous à partir de septembre ? Avez-vous une idée du type d’offre que vous offrirez une fois la période d’essai finie ?
Miya : Tout dépendra vraiment de la période d’essai. Nous ne pouvons rien dire pour le moment (NdR : l’interview s’est déroulé le 4 juillet, au lancement de l’offre), car toute la suite du service sera conditionnée selon les résultats de cette période d’essai.

SSfr : Nous avons maintenant une question un peu plus technique concernant le site. Est-ce que Docomo prévoit de nouvelles fonctionnalités et mises à jour, notamment concernant l’utilisation et installation du plugin Silverlight, obligatoire pour regarder un anime sur le site ?
Miya : À l’heure actuelle, nous n’avons pas prévu d’autres fonctionnalités ou modifications concernant Silverlight.
SSfr : Pourtant, le public français rechigne à l’utilisation de Silveright, tant par son emploi que par son niveau technique, surtout quand d’autres fonctionnalités du même type (ex : Adobe) sont beaucoup plus répandues, plus simples et plus acceptées par les français. Le risque est que Silverlight peut être néfaste au service, puisque le public a des difficultés à l’utiliser.
Miya : Au Japon, c’est une plateforme téléphonique qui gère le service. Cette plateforme utilise un logiciel maison très semblable à Silverlight. C’est pour cela qu’on l’utilise. Bien sûr, cela va évoluer et nous utiliserons plusieurs outils différents. Cependant, de telles modifications ne pourront être effectuées qu’après la période d’essai. Nous ne pouvons rien changer pendant cet essai.

SSfr : Que pensez-vous du système d’offre payante de téléchargement définitif et sans DRM d’épisode à l’unité ou de saison entière, comme le font certains éditeurs en France ?
Miya : Au Japon, le téléchargement des épisodes sur notre plateforme est déjà disponible sur téléphone portable. Il y a bien sûr un système de “contrôle”. L’épisode est lié au téléphone, il ne peut pas être diffusé. Il faut y avoir un accès au réseau pour le regarder [NdR : le réseau internet est intégralement couvert au Japon].
On ne peut rien dire concernant la France. Nous ne savons pas si nous allons et pouvons proposer ce type de téléchargement ici.

SSfr : Est-ce que vous vous êtes implantés en France, notamment pour les phases de traduction et d’adaptation ? Est-ce que sont des locaux qui gèrent ces parties ou tout est-il géré au Japon ?
Miya : Toutes les phases de diffusion en streaming d’un anime ont été sous-traitées au Japon par une société professionnelle. Cela englobe tant les phases de traduction et d’adaptation que d’encodage.
Cependant, si une traduction a déjà été faite par un éditeur français, nous les contactons pour utiliser la leur. C’est au cas par cas, selon les séries et les éditeurs locaux. Sinon, si la traduction n’existe pas, nous commandons la traduction au Japon.

SSfr : Votre catalogue est impressionnant, et contient même des séries non licenciées en France par les éditeurs français. Prévoyez-vous de sortir en DVD ou en BR, avec la collaboration des éditeurs locaux ou non, des animes de votre catalogue ?
Miya : Nous n’avons pas ce type de projet.

SSfr : Est-ce que vous comptez étendre l’offre aux autres pays francophones, tels les pays limitrophes comme la Belgique ou la Suisse ?
Miya : Nous n’avons pas encore considéré cette question.

SSfr : Merci d’avoir répondu à nos questions.
Miya : Je vous en prie.


Nous tenons à remercier la responsable Saori MIYAHARA, Amel TRAIKIA et de Keiko MIYAUCHI, l’interprète de Docomo au cours de cette interview, de la sincérité de leurs réponses et de l’aide apportée à cet entretien.

La période d’essai du site de streaming s’arrête au 31 août 2013. N’hésitez pas à tester l’offre, avec la série Madoka★Magica ou Maria†Holic. Par ailleurs, les 1 500 premiers inscrits à Docomo d animestore recevront en cadeau un sac à l’effigie de Blast of Tempest, Maoyu ou Puella Magi Madoka★Magica.

EDIT : depuis le 24 juillet, une nouvelle offre a fait son apparition et ce n’est plus 7,70€ (1000¥) mais 3,80€ (500¥) l’abonnement.

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