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Nobuyuki TAKEUCHI

Nobuyuki TAKEUCHI est un animateur et réalisateur japonais principalement connu pour ses travaux chez SHAFT. Parfois orthographié « たけうちのぶゆき » (Takeuchi Nobuyuki) au lieu de « 武内宣之 » (Takeuchi Nobuyuki), il fait partie des membres les plus anciens du studio SHAFT, officiant déjà dans l’entreprise bien avant l’arrivée de la « team SHINBŌ » en 2003. On lui doit notamment les productions de designs singuliers de Bakemonogatari auquel il est crédité « responsable des designs » (« visual director »).

 

TAKEUCHI a débuté sa carrière d’animateur au studio de sous-traitance Giants à une date indéterminée. Il le quitte à une date également indéterminée pour venir au studio SHAFT, où il travaillera en tant qu’animateur-clé sur leur toute première production TV : Jūni Senshi Bakuretsu Eto Ranger (1995-1996).
Son activité et sa relative aisance à travailler sur n’importe quel type de production, peu importe les genres et l’époque, l’amène à offrir ses compétences aux productions et studios externes sans toutefois quitter SHAFT. Il participera très activement l’année suivante à la production de l’anime Utena, la fillette révolutionnaire (1997) en tant qu’animateur (6 épisodes, film), directeur de l’animation (générique d’ouverture, 4 épisodes, film) et directeur en chef de l’animation (film). Il fera ainsi la rencontre du réalisateur Kunihiko IKUHARA auquel il s’imprégnera de son style visuel particulier.
Toujours en 1997, SHAFT produira la série d’OAV Sakura Mail dont le chara-design est l’œuvre de Nobuyuki TAKEUCHI. Puis il rajoute encore une corde à son arc sur les quelques épisodes de Silent Möbius (1998 – studio Radix) sous-traité chez SHAFT : il est non seulement animateur et directeur de l’animation, mais également storyboardeur sur ces épisodes. Il sera par la suite animateur sur entre autres Spriggan (1998), Digimon Adventure: Bokura no War Game (2000), Le Voyage de Chihiro (2000) et Sakura Taisen (2000) qui sera même sa première réalisation (d’épisode).

En 2002, SHAFT a déjà entamé sa série de coproduction avec le studio GAINAX. Mais c’est seulement à partir de Mahoromatic 2 (2002-2003) que TAKEUCHI participe aux coproductions en y animant quelques épisodes. Il animera également plusieurs épisodes sur This Ugly Yet Beautiful World (2004).
Après un changement de direction et une restructuration interne, le prochain projet de SHAFT s’avère être un des plus importants pour l’avenir stylistique du studio : Tsukuyomi -Moon Phase- (2004). Le destin l’amènera à retravailler avec quelques anciens camarades dans les nouveaux arrivés chez SHAFT : un certain Akiyuki SHINBŌ, puisque TAKEUCHI était animateur sur les OAV Shin Hurricane Polymar (1996) réalisé par SHINBŌ ; et un certain Tatsuya OISHI, puisque TAKEUCHI était animateur sur la série Cyborg 009: The Cyborg Soldier (2001) storyboardé en bonne partie par OISHI.
Sur Tsukuyomi -Moon Phase-, il occupera le poste d’animateur principal, de storyboardeur et, rôle inédit, « responsable des designs » (« visual director » dans les crédits).

Dans les mois qui suivent, il animera à nouveau pour Ghibli avec Le Château ambulant (2004), retravaillera chez SHAFT avec Pani Poni Dash! (2005), puis Magical Girl Lyrical Nanoha A’s (2005) et Capeta (2005-2006) pour d’autres studios.
Mais c’est en 2006 qu’il effectuera un travail aussi important que dans Tsukuyomi -Moon Phase- avec la production de Shin Negima?!. Ainsi, il occupe à nouveau le poste atypique de « visual director », tout en étant animateur principal sur 16 épisodes dans une série qui en compte 26.
Par la suite, ses rôles continuent d’alterner entre la production de l’animation (Hidamari Sketch, Kino no Tabi: The Beautiful World, Ponyo sur la falaise, Tears to Tiara, Maria†Holic), la production de concept design (Kino no Tabi: The Beautiful World, Maria†Holic, Natsu no Arashi!) et la production de storyboard (Magical Girl Lyrical Nanoha StrikerS, ef – a tale of melodies, Maria†Holic).

En 2009, il reprend le poste de « responsable des designs » (« visual director ») pour une série qui changera profondément le studio : Bakemonogatari. Allié à la vision du réalisateur Tatsuya OISHI, le travail de Nobuyuki TAKEUCHI sur l’architecture et l’univers visuel de la série a façonné ce qui allait devenir la nouvelle facette du style SHAFT pour la décennie qui suit.
Comme à l’accoutumée, son poste-clé de visual director ne l’a pas empêché d’être boulimique du travail : il est ainsi animateur sur la quasi-totalité de Bakemonogatari, directeur de l’animation sur la moitié de série et storyboardeur sur les 5 premiers épisodes.

Après ce succès triomphale, il continuera de travailler avec OISHI pour la production de la trilogie de film Kizumonogatari, préquelle à Bakemonogatari. Le temps de production très long de Kizumonogatari lui permet d’être crédité sur la production de design de Maria†Holic Alive (2011), Nisemonogatari (2012), Nekomonogatari Noir (2012), Monogatari Seconde Saison (2013) ; bien que son rôle peut être considéré comme passif, car c’est plutôt son influence qui est rendu hommage dans les crédits.
Qui plus est, 12 ans après le film Utena : L’apocalypse de l’adolescence, il retrouvera même le réalisateur Kunihiko IKUHARA pour la production de l’épisode 9 de Mawaru Penguindrum (2011). Excepté les décors et la colorisation, l’épisode 9 est une formidable démonstration de ce qu’il est capable de faire : réalisation d’épisode, storyboard, directeur de l’animation et la totalité des animations-clé de l’épisode (!). À noter par ailleurs qu’il a occupé seul ces rôles-clé (!).

Enfin, on le retrouvera des années plus tard dans un rôle qu’il n’a étonnamment jamais occupé : celui de réalisateur à part entière. C’est sur le film d’animation Fireworks, Should We See It from the Side or the Bottom? (2017) qu’il fait le grand pas, quoiqu’en compagnie d’Akiyuki SHINBŌ en tant que réalisateur en chef / superviseur. À l’instar de la trilogie Kizumonogatari, le film Fireworks est aussi un projet ayant pris énormément de temps. Le producteur Genki KAWAMURA (your name) a contacté SHAFT fin 2012 et Nobuyuki TAKEUCHI a commencé à travailler dans le projet à partir de 2013 jusqu’à la sortie du film en été 2017, parallèlement à ses « participations » au sens large (aux productions de designs) dans les autres animes de SHAFT : Hanamonogatari (2014), Koyomimonogatari (2016), Kizumonogatari (2016-7) et Zaregoto – The Kubikiri Cycle (2016) en tant qu’animateur.

 

Bien qu’animateur et storyboardeur (metteur en scène) vétéran et efficace, c’est grâce à un rôle atypique et unique dans l’industrie que Nobuyuki TAKEUCHI a commencé à particulièrement se distinguer. Outre ses multiples compétences, il est donc souvent crédité chez SHAFT en tant que « responsable des designs » (« visual director »), un rôle à mi-chemin entre le directeur artistique et le réalisateur. Ainsi, sa tâche est de produire des décors et une identité visuelle allant de pair avec une mise en scène approuvée par le réalisateur ; même si la multitude de postes (animateur, storyboardeur) qu’il occupe durant ce genre de production fait que les contours du rôle de responsable/réalisateur visuel sont difficiles à définir.
Contrairement à ses collègues (SHINBŌ, pour n’en citer qu’un) qui s’inspiraient plus directement du style d’Osamu DEZAKI (L’Île aux Trésors, Ashita no Joe, Rémi sans famille), Nobuyuki TAKEUCHI a été influencé par le réalisateur Kunihiko IKUHARA (Utena, la fillette révolutionnaire) dont il avait travaillé avec lui dans le passé. IKUHARA s’inspirant lui-même de DEZAKI, la vision de TAKEUCHI coïncidait alors avec celle de la « team SHINBŌ » et finalement avec la nouvelle tournure que prenait SHAFT à partir de la première moitié des années 2000.